Crime et Châtiment
de Fédor Dostoïevski
Le basculement des individus annonce celui des époques. Ainsi de Raskolnikov, jeune étudiant fauché, qui aspire à un monde plus juste et considère que le moindre mal peut favoriser le Bien. On voit où peut mener ce genre d'idée. En attendant les grands embrasements nihilistes du XXe siècle, elle mène Raskolnikov dans la loge de sa prêteuse, dont il fracasse le crâne d'un coup de hache. La soeur de la victime fera également les frais de l'opération. Roman philosophique structuré comme une série policière, Crime et châtiment nous entraîne dans les dédales sinueux de l'âme humaine. Tel un cameraman malicieux, Benjamin Knobil multiplie les angles pour capter les tourments de ses personnages. Et débusquer le monstre sous les traits du héros romantique.
Plus «classique russe», tu meurs. Pourtant, on n’en finit pas d’aller fouiller dans l’œuvre – et les sous-sols – de Dostoïevski, en quête de son rire parfois cruel et de ses figures de haute-voltige métaphysique. Né en 1821, l’homme aura goûté au bagne et à l’exil avant de publier d’immortels chefs-d’œuvre. outre ces derniers, on retiendra cette observation plus que jamais d’actualité : «A notre époque, la société s’est décomposée en individus, qui vivent chacun dans leur tanière comme des bêtes, se fuient les uns les autres et ne songent qu’à se cacher mutuellement leurs richesses».
Les mardi, jeudi, samedi à 19h, mercredi et vendredi à 20h, dimanche à 18h. Relâche le lundi.
Ce spectacle a lieu dans la Grande salle (sous-sol)
Coproduction Cie Nonante-trois, Théâtre du Grütli, Grange de Dorigny
Avec le soutien de Artefila, Loterie Romande, Migros, Corodis, Etat de Vaud, Ville de Lausanne




revue presse Crime et Chatiment